Conférence Yves MALTHIERY, PU-PH PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 31 Janvier 2011 15:36
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La mitochondrie : régulateur métabolique cellulaire et adaptation à l'environnement

INSERM U694 - Mitochondrie : Régulations et Pathologies
UFR Sciences Médicales - Angers

Vendredi 4 février 2011
12h30/14h00

Amphi 2 - Faculté de Médecine, 22 av. Camille Desmoulins - Brest

La mitochondrie conserve, de son origine bactérienne, un génome, reliquat du génome d'une α-protéobactérie. Le mécanisme d'endosymbiose s'accompagne d'un transfert génique du symbiote vers la cellule hôte, encore incomplet à ce jour. L'information génique nécessaire au fonctionnement mitochondrial est répartie entre ADN mitochondrial et ADN nucléaire. L'intégration de la fonction mitochondriale dans la vie cellulaire nécessite une communication et une synchronisation de l'expression des deux génomes à travers un dialogue nucléo-mitochondrial. Le dialogue antérograde (mitochondrie -> noyau), le premier exploré, repose sur des activateurs de la transcription (NRF1, NRF2, PPARα et PPARγ, TFAM) et une classe de coactivateurs PGC1 (PPAR gamma coactivator 1) soit PGC1α, PGC1β et PRC (PGC related coactivator). Le dialogue rétrograde (noyau -> mitochondrie), moins bien exploré chez l'homme, est tout aussi indispensable. Ces activateurs et coactivateurs sont au carrefour des orientations métaboliques de la cellule. La biogenèse mitochondriale, le métabolisme énergétique, mais aussi la néoglycogenèse, la synthèse et le stockage des triglycérides, la différenciation cellulaire, ainsi d'ailleurs que la prolifération cellulaire, sont des métabolismes régulés par les coactivateurs de la famille de PGC-1. Le dialogue nucléo-mitochondrial est sous l'influence des régulateurs endogènes, essentiellement les ROS (espèces réactives de l’oxygène) et le monoxyde d’azote. Par ailleurs, ce dialogue est également sous l'influence de stimuli externes (froid, exercice, besoin énergétique...). Ces divers stimuli conditionnent l'activation transcriptionnelle de PGC-1, de façon tissu-spécifique. La mitochondrie (et le dialogue nucléo-mitochondrial) se comporte donc comme un senseur métabolique qui met directement les orientations métaboliques cellulaires sous l'influence et sous la régulation des stimuli externes et des facteurs environnementaux.

Nous aborderons les voies antérogrades et rétrogrades du dialogue nucléo-mitochondrial et évoquerons le rôle de petites molécules de l'environnement (xénobiotiques, médicaments) comme perturbateurs métaboliques de cette fonction cellulaire. Nous montrerons également que, quand bien même le génome mitochondrial ne code que pour 13 sous-unités de la chaîne respiratoire, son implication dans la physiologie cellulaire et dans les pathologies induites débordent largement la simple phosphorylation oxydative (OXPHOS).

Mise à jour le Lundi, 04 Avril 2011 15:21
 
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