Conférence de Serges BRAUN, PharmD, PhD PDF Imprimer Envoyer
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Mardi, 25 Janvier 2011 16:04

S._Braun_-_26_janv_11Maladies rares - Modèles de maladies fréquentes

Directeur Scientifique - Association Française contre les Myopathies

Mercredi 26 janvier 2011
12h30 - 14h00
Amphi 2 - Faculté de Médecine, 22 av. Camille Desmoulins - Brest

Les maladies rares (concernent moins d’une personne sur 2000) sont au nombre de 7000. Elles touchent 6 à 8 % de la population mondiale et représentent donc un problème majeur de santé publique, longtemps ignoré.

Pourtant, la connaissance des gènes à l’origine des maladies rares renseigne sur leur rôle physiologique et les mécanismes biologiques fondamentaux (division cellulaire, épissage des ARN). Les cartes du génome ont non seulement permis l’identification de gènes de maladies rares mais aussi la localisation de gènes de susceptibilité de maladies ou de gènes suppresseurs de tumeur pour différentes formes de cancers.

Des caractéristiques physiopathologiques communes favorisent l’évaluation de thérapeutiques (par exemple, les anomalies biochimiques observées dans les muscles de Myosites à Inclusions « modélisent » en périphérie, les anomalies observées dans le cerveau Alzheimer).

Outre les apports de la recherche fondamentale, certaines des pistes thérapeutiques ont des applications élargies à des maladies non génétiques concernant l’ensemble de la population. Par exemple :

  • La greffe de cellules souches, initialement déployée pour traiter des myopathies, est appliquée pour traiter l’infarctus du myocarde ;
  • Dans le domaine des thérapies très innovantes issues des progrès de la génomique, les maladies rares permettent le développement de nouveaux outils thérapeutiques, eux-mêmes applicables aux maladies fréquentes. Par exemple, le premier succès mondial de thérapie génique sur l’homme concernait une maladie très rare. La mise au point de la thérapie génique des maladies du système nerveux central peut bénéficier à des maladies fréquentes telles que la maladie de Parkinson (des travaux ont parfois fait l’objet de subventions directes par l’AFM) ;
  • Le saut d’exon ou les oligonucléotides antisens représentent de nouvelles classes thérapeutiques ;
  • Le traitement pharmacologique de la progeria (maladie rare caractérisée par un vieillissement accéléré) pourrait intéresser le vieillissement normal (des mécanismes communs ont été mis en évidence). De même, l’accumulation anormale de la protéine toxique (progérine) responsable de la progeria est également retrouvée chez les malades traités par chimiothérapie anticancéreuse et par trithérapie anti-SIDA. Ces travaux fondateurs font maintenant l’objet d’une étude clinique dans le SIDA en vue d’un traitement en appoint de la trithérapie destiné à en limiter les effets secondaires voire améliorer l’efficacité ;
  • La thérapie génique de l’amaurose congénitale de Leber, une rétinite pigmentaire héréditaire rare, pourrait s’appliquer à la dégénérescence maculaire qui concerne 20% de la population vieillissante ;

Les maladies rares souffrent d’un handicap supplémentaire par rapport aux affections fréquentes: l’absence d’intérêt manifeste de la part des acteurs majeurs privés et publics. Le rôle d’une association comme l’AFM a pris ainsi tout son sens de « scientifique-risqueur » ; il lui faut assurer toutes les étapes amont, depuis la recherche fondamentale jusqu’à la preuve de concept clinique. Compte tenu des avancées et des perspectives offertes par la recherche sur les maladies rares et par le rôle incitateur des associations, les états reconnaissent aujourd’hui la place particulière des maladies rares et l’industrie pharmaceutique elle-même commence à s’y intéresser.

 

 

Les maladies rares (concernent moins d’une personne sur 2000) sont au nombre de 7000. Elles touchent 6 à 8 % de la population mondiale et représentent donc un problème majeur de santé publique, longtemps ignoré.
Pourtant, la connaissance des gènes à l’origine des maladies rares renseigne sur leur rôle physiologique et les mécanismes biologiques fondamentaux (division cellulaire, épissage des ARN). Les cartes du génome ont non seulement permis l’identification de gènes de maladies rares mais aussi la localisation de gènes de susceptibilité de maladies ou de gènes suppresseurs de tumeur pour différentes formes de cancers.
Des caractéristiques physiopathologiques communes favorisent l’évaluation de thérapeutiques (par exemple, les anomalies biochimiques observées dans les muscles de Myosites à Inclusions « modélisent » en périphérie, les anomalies observées dans le cerveau Alzheimer).
Outre les apports de la recherche fondamentale, certaines des pistes thérapeutiques ont des applications élargies à des maladies non génétiques concernant l’ensemble de la population. Par exemple :
- La greffe de cellules souches, initialement déployée pour traiter des myopathies, est appliquée pour traiter l’infarctus du myocarde ;
- Dans le domaine des thérapies très innovantes issues des progrès de la génomique, les maladies rares permettent le développement de nouveaux outils thérapeutiques, eux-mêmes applicables aux maladies fréquentes. Par exemple, le premier succès mondial de thérapie
génique sur l’homme concernait une maladie très rare. La mise au point de la thérapie génique des maladies du système nerveux central peut bénéficier à des maladies fréquentes telles que la maladie de Parkinson (des travaux ont parfois fait l’objet de subventions directes par l’AFM) ;
- Le saut d’exon ou les oligonucléotides antisens représentent de nouvelles classes thérapeutiques ;
- Le traitement pharmacologique de la progeria (maladie rare caractérisée par un vieillissement accéléré) pourrait intéresser le vieillissement normal (des mécanismes communs ont été mis en évidence). De même, l’accumulation anormale de la protéine toxique (progérine) responsable de la progeria est également retrouvée chez les malades traités par chimiothérapie anticancéreuse et par trithérapie anti-SIDA. Ces travaux fondateurs font maintenant l’objet d’une étude clinique dans le SIDA en vue d’un traitement en appoint de la trithérapie destiné à en limiter les effets secondaires voire améliorer l’efficacité ;
- La thérapie génique de l’amaurose congénitale de Leber, une rétinite pigmentaire héréditaire rare, pourrait s’appliquer à la dégénérescence maculaire qui concerne 20% de la population vieillissante ;
Les maladies rares souffrent d’un handicap supplémentaire par rapport aux affections fréquentes: l’absence d’intérêt manifeste de la part des acteurs majeurs privés et publics. Le rôle d’une association comme l’AFM a pris ainsi tout son sens de « scientifique-risqueur » ; il lui faut assurer toutes les étapes amont, depuis la recherche fondamentale jusqu’à la preuve de concept clinique. Compte tenu des avancées et des perspectives offertes par la recherche sur les maladies rares et par le rôle incitateur des associations, les états reconnaissent aujourd’hui la place particulière des maladies rares et l’industrie pharmaceutique elle-même commence à s’y intéresser.

 

Mise à jour le Mardi, 25 Janvier 2011 16:11
 
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