Conférence Capucine DARIDON, Dr Universitätsmedizin Berlin PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 13 Novembre 2013 16:24
Conférence Capucine DARIDON, Dr Universitätsmedizin Berlin

CD22, nouvelle cible dans le lupus érythémateux disséminé : Etude du mécanisme d'action de l'epratuzumab, un anticorps anti-CD22

Hôpital Universitaire de la Charité
Berlin - Allemagne

Vendredi 15 novembre 2013
12h45/13h45

Amphi 3 - Faculté de Médecine, 22 av. Camille Desmoulins - Brest
CD22, nouvelle cible dans le lupus érythémateux disséminé: Etude du mécanisme d'action de l’epratuzumab, un anticorps anti-CD22
 

CD22, une protéine membre de la famille des Siglecs (sialic acid-binding immunoglobulin-like lectins), est exprimée par les lymphocytes B au stade mature mais est perdue durant leur différenciation en plasmocytes. CD22 induit la migration des lymphocytes B par interaction cellule-cellule et régule négativement le récepteur à l’antigène (BCR). En effet, en recrutant une tyrosine phosphatase SHP1, CD22 agit comme un corécepteur négatif du BCR en dé-phosphorylant les molécules de signalisation comme la « Spleen tyrosine kinase » (Syk) et la phospholipase C (PLC)-g2. Le flux d’ions Ca2+ est de ce fait inhibé. Au sein de notre laboratoire, nous avons eu l’opportunité d’étudier les effets de l’anticorps monoclonal anti-CD22, l’epratuzumab (actuellement en phase III d’essai clinique dans le lupus érythémateux) sur l’expression de molécules d’adhésion, la migration des lymphocytes B et la réponse du BCR.

Cette étude montre que l’epratuzumab est capable de moduler la migration des lymphocytes B in vitro en changeant le profil des molécules d’adhésion, notamment en augmentant l’expression de l’intégrine b1 et en diminuant l’intégrine b7 et CD62-L. Parallèlement, les lymphocytes B augmentent leur capacité de migration vers la chimiokine CXCL12.

Outre les changements dans le comportement migratoire des lymphocytes B, l’epratuzumab est capable d’inhiber la phosphorylation de Syk et PLC-g2 qui est induite par une stimulation du BCR in vitro. Cette réduction de la phosphorylation a été démontrée dans les différentes sous-populations lymphocytaires B et ne semble pas dépendre de la signalisation FcR car le fragment F(ab’)2 de l’epratuzumab induit des résultats comparables à ceux obtenus avec l’anticorps complet. De plus, le fragment F(ab’)2 de l’epratuzumab réduit les flux calciques induits par le BCR.

En résumé, ces données montrent que cibler CD22 avec l’epratuzumab influence à la fois la fonction de migration, mais aussi la fonction « régulatrice du BCR » de CD22 en rehaussant le seuil d’activation antigénique du BCR. Ces changements causés par l’epratuzumab peuvent assurer en outre un contrôle supplémentaire des lymphocytes B dans les maladies auto-immunes humaines comme le lupus érythémateux disséminé.

 
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